Le gouvernement sacrifie les travailleur·euses de plateforme

Le travail de plateforme détruit la santé des travailleur·euses

A l’instar de Uber ou Deliveroo, les plateformes de travail numérique comptent de plus en plus de travailleur·euses. Ces faux indépendant·es sont aujourd’hui estimé·es entre 600 000 (Dares, enquête Tracov2, 2023) et 1,8 millions (GDPoweR, 2025). 

Du fait de l’absence d’encadrement de leurs conditions de travail, de leur faible rémunération et d’une protection sociale dérisoire, ces dernier·es sont surexposé·es aux risques professionnels. 

Les impacts sur leur santé sont encore plus grands pour les travailleur·euses en situation irrégulière. C’est le cas pour les livreur·euses de repas, dont 64% (Médecin du Monde et Ined, Rapport SANTE-COURSE, mars 2026) sont dépourvus de titre de séjour. Ils travaillent en moyenne 63 heures par semaine, pour gagner en moyenne moins de 6 euros brut par heure. Face à une pression constante pour gagner leur vie, leur état de santé est gravement impacté par leur condition de travailleur·euses de plateforme. 

Le gouvernement nous balade depuis 6 mois

Face à ces révélations, j’ai saisi en avril 2026 le ministre de l’économie afin de l’alerter de la situation de ces personnes. Le gouvernement est aujourd’hui le seul à pouvoir inscrire à l’ordre du jour la transposition de la directive européenne qui impose une présomption de salariat pour les travailleur·euses de plateforme. La France a l’obligation de la transposer avant le 2 décembre. 

Je demandais au ministre l’engagement de respecter ce délai. Dans sa réponse du 21 juillet 2026, il n’a donné aucun élément assurant la transposition dans les délais exigés. Pire, il se cache derrière les lancements des travaux de transposition pour détourner mon attention. 

Tout cela a confirmé une intuition vivace lors du dépôt de ma question. Le gouvernement s’apprête à ne pas transposer la directive sur la présomption de salariat dans le délai incombé. 

Comment a-t-il pu prétendre le contraire alors que la session parlementaire 2026-2027 se termine fin février, que les textes budgétaires sont prioritaires, que la loi intégrale est mise en priorité, que la transposition de la directive sur la transparence salariale est plus avancée ? Depuis 6 mois, le gouvernement nous balade. Il abandonne les travailleur·euses de plateforme à leur sort. 

C’est finalement par voie de presse que j’apprends le 11 septembre que le ministre du travail, Monsieur Farandou, ne fera pas transposer la directive avant décembre et en réalité pas avant la fin du mandat. Avec eux, les règles européennes à respecter ne sont que celles relatives à la réduction de la dette publique et au marché unique. J’accuse le gouvernement et Emmanuel Macron de piétiner ses obligations. Je les accuse d’avoir organisé sciemment l’excuse calendaire pour servir les intérêts des plateformes.  

Le gouvernement a trahit ses obligations et avec, les travailleur·euses de plateforme

J’accuse la caste politique d’Emmanuel Macron de sacrifier encore une fois les travailleur·euses, leurs santés, leurs vies. Je veux rappeler les liens et les trafics d’influence qui l’unissent aux plateformes, révélées à la suite de la publication des Uber Files. Les révélations de M. Mark MacGann, ancien responsable du lobbying d’Uber pour l’Europe de l’Ouest, montrent clairement l’infusion de l’influence déployée par la plateforme auprès de Macron alors qu’il était ministre de l’économie, les financements de sa campagne alors qu’il était candidat etc. 

Je veux rappeler aussi la reprise de l’intégralité de la position de Uber lors des débats au Parlement européen, de la volonté de créer une dérogation à la mise en place de la présomption de salariat. Le pouvoir macroniste n’en a jamais voulu. Elle présente un obstacle à sa volonté néolibérale : rémunérer toujours moins le travail, intensifier son rythme, tout ça grâce au détournement du salariat par un faux travail indépendant.  

Avec Leila Chaïbi, députée européenne qui a fait adopter la directive européenne, et Hadrien Clouet, vice-président du groupe parlementaire de la France insoumise, j’ai rédigé une contribution afin d’enrichir les travaux préparatoires commencés cet été par des experts désignés par le gouvernement. Le combat ne fait que commencer à l’échelle nationale. 

Je suis résolue à batailler pour l’adoption d’une loi protectrice de tou·tes les travailleur·euses de plateforme. Pour cela, je m’appuierai sur les recommandations mises en avant dans mon rapport sur les ATMP, que vous pouvez retrouver ici.

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